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Updated: 4 years 4 weeks ago

Au Pakistan, les civils bloqués dans la zone de conflit manquent d’eau, de nourriture et de soins médicaux

Fri, 05/15/2009 - 17:08

L'armée pakistanaise et les insurgés talibans doivent immédiatement laisser partir les dizaines de milliers de civils pris sous le feu de violents combats, a déclaré Amnesty International.

Plus de 500 000 Pakistanais ont quitté leur foyer ces trois dernières semaines, ce qui porte à 1 300 000 le nombre de civils déplacés par le conflit depuis un an. Mais quelque 700 000 personnes demeurent toutefois bloquées dans la vallée de Swat, selon un parlementaire local.

Des habitants du district de Malakand (province de la Frontière du Nord-Ouest) qui ont fui ces jours derniers ont expliqué à Amnesty International que les populations restées sur place non seulement étaient prises entre les feux d'intenses combats menés en grande partie dans des zones civiles, mais étaient également confrontées à la pénurie de carburant, d'électricité, de nourriture et de soins médicaux.

« Les milliers de personnes qui n'ont pas pu quitter la région de Malakand se trouvent désormais dans une situation humanitaire désastreuse, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Les talibans ne se soucient aucunement de leur sécurité et de leur sort en général, et l'armée semble désormais mener une politique de la terre brûlée. »

L'armée pakistanaise a donné l'ordre de tirer à vue sur toute personne ne respectant pas le couvre-feu en vigueur jusqu'à nouvel ordre dans la zone de Malakand. L'imposition du couvre-feu a été annoncée par les mosquées et par des camionnettes équipées de haut-parleurs.

Le 14 mai, les autorités ont assoupli les restrictions durant une courte période dans la ville de Mingora – également dans la province de la Frontière du Nord-Ouest –, ce qui a permis à des milliers de civils de quitter les lieux, pour la plupart à pied. Plusieurs personnes ont déclaré à Amnesty International avoir laissé sur place des membres de leur famille se trouvant dans l'incapacité physique de fuir, ou d'autres qui, vivant à l'extérieur de Mingora, n'ont pu bénéficier de la levée du couvre-feu.

« L'armée pakistanaise doit prendre immédiatement des mesures pour permettre aux civils de se mettre en sécurité et faire en sorte que vivres, carburant et fournitures médicales parviennent aux personnes encore présentes dans la zone de Malakand », a déclaré Sam Zarifi.

Selon des témoignages recueillis ces jours derniers par Amnesty International auprès de civils venus de divers points du district, l'électricité a été coupée dans la zone et les groupes électrogènes ne fonctionnent pas, faute de carburant, ce qui pose de graves problèmes dans les hôpitaux et pour le stockage de l'alimentation. Pratiquement plus aucune ambulance ne circule.

Des habitants ont aussi déclaré à Amnesty International que les insurgés talibans utilisaient des structures médicales, des écoles et des habitations comme lieu de repli et base d'où ils lancent des attaques, déclenchant ainsi, en toute connaissance de cause, la riposte de l'armée.

« Il semble que le gouvernement pakistanais assouplisse par moment le couvre-feu afin de permettre aux civils de quitter les zones de combat, a indiqué Sam Zarifi. Mais même après le départ des civils, les forces en présence doivent cesser de prendre pour cible des bâtiments comme les hôpitaux ou les écoles. »

Le rétablissement des commissions militaires de Guantánamo ne servirait pas la justice

Fri, 05/15/2009 - 14:19

Ce n'est pas en remettant au goût du jour les commissions militaires pour juger les détenus de Guantánamo que le président Barack Obama « redorera le blason de la justice », a affirmé Amnesty International.

« Il est impossible de rénover un système qui est, par nature, inéquitable, a indiqué Rob Freer, chercheur sur les États-Unis à Amnesty International. Les États-Unis disposent d'un système civil de justice pénale qui fonctionne et permet de prendre en charge des procès complexes. C'est ce système auquel le gouvernement américain se doit de faire appel pour engager d'éventuelles poursuites contre des détenus de Guantánamo.

« Les commissions militaires ont été conçues et mises sur pied dans le cadre d'un régime de détention illégal, afin de faciliter les condamnations tout en limitant le contrôle judiciaire des actions de l'exécutif s'agissant du traitement réservé aux détenus, a poursuivi Rob Freer.

« Aucun ajustement des règles qui l'encadrent ne saurait remédier aux carences de ce système discrédité. Il convient de tirer un trait sur ces commissions, que le président Barack Obama a lui–même qualifiées d'"immense échec". »

Amnesty International engage le nouveau gouvernement des États-Unis à abandonner les commissions militaires, à renoncer à toutes les poursuites intentées au titre de la Loi relative aux commissions militaires (contre laquelle avait voté Barack Obama, alors sénateur) et à transférer immédiatement sur le continent américain tout détenu de Guantánamo susceptible d'être inculpé.

Ces prisonniers doivent comparaître devant une instance judiciaire civile et être inculpés dans les meilleurs délais d'infractions précises prévues par le droit fédéral applicable.

La Lettonie donne son feu vert à la Baltic Pride

Fri, 05/15/2009 - 10:44

La Baltic Pride (Marche des fiertés des pays baltes) devant se dérouler le samedi 16 mai à Riga (Lettonie) aura bien lieu, après la levée le matin du 15 mai d’une interdiction pesant sur celle-ci.

Jeudi 14 mai, le conseil municipal de Riga avait révoqué l’autorisation de la Marche, organisée par l’organisation lettonne Mozaika, la Ligue gay lituanienne et la Jeunesse gay estonienne.

Les organisateurs ont fait une requête en injonction auprès de la justice et se sont vu accorder une audience le 15 mai à 10 heures au tribunal municipal de Riga, qui a ensuite annulé la décision d'interdire la Marche.

Amnesty International salue ce geste.

« Nous sommes heureux que l’état de droit ait triomphé, a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, s’exprimant depuis Riga. Nous avons bon espoir que les autorités lettones protègent le droit à la liberté de réunion et d’expression lors de la Baltic Pride de samedi, conformément à leurs obligations internationales et européennes en matière de droits humains ».

Plus de 70 militants d’Amnesty International en provenance de 23 pays d’Europe comptent se rendre à Riga pour participer à la Marche et aux événements connexes.

La Marche des fiertés des pays baltes avait été autorisée par la commission Réunions, marches et manifestations du conseil municipal de Riga le 8 mai, après que plusieurs accords eurent été conclus entre les organisateurs, le conseil municipal et la police sur le parcours de la manifestation et les mesures à prendre en matière de sécurité.

Mercredi 13 mai, une majorité des membres du conseil municipal de Riga ont signé une lettre ouverte au directeur du conseil, Andris Grinbergs, lui demandant d’annuler l’autorisation de la Marche au motif que cet événement était indécent et constituait une menace à la sécurité publique.

Les conseillers municipaux signataires de cette lettre ont indiqué que si le directeur du conseil n'avait pas annulé la décision d'autoriser la Baltic Pride avant jeudi 14 mai à 16 heures, ils chercheraient à en obtenir l'annulation par vote du conseil municipal.

D’autres manifestations similaires, qui devaient avoir lieu les 16 et 17 mai en Russie et en Ukraine, ont été annulées.

Une marche devant se dérouler samedi 16 mai à Moscou, en Russie, a été interdite pour la quatrième année consécutive. Un porte-parole du maire de Moscou aurait dit que les organisateurs de défilés de lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres (LGBT) ont pour objectif « non seulement de détruire certains des fondements moraux de notre société, mais également de délibérément causer des troubles, susceptibles de menacer la vie et la sécurité des Moscovites et des personnes de passage dans la ville. »

Des membres du mouvement LGBT à Moscou menacent de mener l’action prévue le 16 mai, qu’ils reçoivent la permission de le faire ou non. Les autorités déclarent qu’aucun défilé gay n’a eu ni n’aura lieu à Moscou.

Le défilé moscovite est censé coïncider avec la finale du concours Eurovision de la chanson, qui se déroule également à Moscou ce samedi. Le candidat des Pays-Bas à ce concours, le chanteur de variétés Gordon, a annoncé qu’il refuserait de monter sur scène si la police russe réprimait violemment la marche.

Les autorités municipales de la ville de Mykolaiv, en Ukraine, ont pour la deuxième année de suite interdit aux groupes LGBT d’organiser des manifestations dans le cadre d’un festival « Printemps Arc-en-ciel 2009 ». Les organisateurs prévoyaient de commémorer la Journée internationale contre l’homophobie le dimanche 17 mai.

Les autorités municipales, dans un message à l’Association des gays, lesbiennes et bisexuels de Mykolaiv, a déclaré que « la tenue de cet événement porte en germe un risque d’agitation sociale ; elle fragiliserait la paix et l'ordre public, et donnerait lieu à des affrontements et des oppositions majeurs. »

Le tribunal administratif central de Mykolaiv a rendu jeudi 14 à midi une décision confirmant l’interdiction du Festival Printemps Arc-en-ciel.

Le gouvernement sri lankais et les Tigres tamouls doivent prendre en compte les demandes du Conseil de sécurité

Fri, 05/15/2009 - 10:29

Le gouvernement du Sri Lanka et les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE) doivent immédiatement prendre en compte les demandes formulées par le Conseil de sécurité des Nations unies et les appels lancés par le président américain Barack Obama, afin de permettre à des dizaines de milliers de civils de quitter la zone dite « protégée », a déclaré Amnesty International jeudi 14 mai.

L'organisation a salué la déclaration du Conseil de sécurité, premier pas en avant vers la prise en charge de la crise humanitaire et des droits humains qui sévit au Sri Lanka. Toutefois, elle a demandé au gouvernement de ne plus employer d'armes lourdes et d'autoriser sans délai l'ONU, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et d'autres organisations humanitaires à se rendre auprès des 50 000 civils, au moins, pris au piège dans la zone de conflit, sur la côté nord-est de l'île.

« Le Conseil de sécurité doit désormais veiller à ce que ses requêtes soient mises en œuvre dans les meilleurs délais et à ce que la situation au Sri Lanka soit officiellement inscrite à son ordre du jour et fasse l'objet d'un examen attentif. Il doit également prêter attention à l'obligation future de rendre des comptes pour les graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains imputables aux deux parties », a indiqué Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Amnesty International s'est félicitée des déclarations du Conseil de sécurité et du président Barack Obama, qui condamnent les LTTE pour leur utilisation de civils comme boucliers humains et invitent le gouvernement à prendre de toute urgence des mesures à même de garantir la sécurité des civils. Le Conseil de sécurité a engagé le gouvernement du Sri Lanka à tenir sa promesse – qu'il a rompue ces dernières semaines – de ne pas utiliser d'armes lourdes dans les zones à forte concentration de civils, ce qui cause de nombreuses victimes.

Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International, s'est adressée le 12 mai au Conseil de sécurité, sollicitant une action immédiate visant à remédier à la situation désastreuse dans la zone dite « protégée ». Vivement préoccupée par le lourd tribut que paie la population civile, et notamment les enfants, elle a appelé l'attention sur les éléments de plus en plus nombreux qui démontrent l'implication du gouvernement et des LTTE dans de graves violations du droit international humanitaire.

Par ailleurs, Amnesty International a exhorté le Conseil de sécurité à mettre l'accent sur la responsabilité individuelle dans les crimes relevant du droit international et à mettre sur pied une commission d'enquête, première mesure visant à établir les responsabilités pour les violations présumées du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.

Complément d'information
Amnesty International a prié le Conseil de sécurité des Nations unies de veiller à ce que cessent les attaques menées contre les civils par l'armée sri lankaise et les LTTE, à ce que les LTTE laissent tous les civils quitter la zone de conflit et à ce que le gouvernement du Sri Lanka cesse d'employer de l'artillerie lourde dans des secteurs à forte densité de population et autorise immédiatement les observateurs internationaux et les organismes humanitaires à se rendre sur les lieux.

L'organisation a régulièrement dénoncé les graves violations du droit international humanitaire, notamment les crimes de guerre, commises tant par les Tigres tamouls que par les troupes sri lankaises. Les LTTE ont pris au piège des civils dans la zone de conflit, s'en servant comme boucliers humains face aux forces gouvernementales. De son côté, l'armée sri lankaise a recouru à l'artillerie lourde, qui frappe sans discrimination dans de telles circonstances, faisant de nombreux morts et blessés parmi la population civile.

Le président américain Barack Obama a quant à lui déclaré : « Sans une action urgente, cette crise humanitaire risque de virer à la catastrophe ».

Il a condamné l'utilisation par les LTTE de civils comme « boucliers humains » et exhorté le gouvernement sri lankais à mettre fin aux « bombardements non ciblés » sur la zone. Enfin, il a réclamé que les organismes humanitaires puissent avoir accès aux civils pris entre deux feux et aux personnes déplacées à l‘intérieur du Sri Lanka, afin que tous puissent recevoir l'assistance immédiate dont ils ont besoin.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit intervenir afin de soutenir Aung San Suu Kyi

Thu, 05/14/2009 - 15:10

Aung San Suu Kyi, grande figure du mouvement en faveur de la démocratie au Myanmar, doit être jugée lundi 18 mai parce qu'un ressortissant américain a semble-t-il traversé à la nage le lac se trouvant devant chez elle et passé deux jours à son domicile.

Amnesty International a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et les pays voisins du Myanmar à intervenir de toute urgence pour obtenir qu'Aung San Suu Kyi soit libérée de prison.

La mesure d'assignation à domicile dont elle fait l'objet doit expirer le 27 mai 2009. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, aurait déclaré que le procès à venir n'était qu'un prétexte pour continuer à la priver de liberté.

« Le gouvernement du Myanmar doit remettre Aung San Suu Kyi en liberté immédiatement et sans condition, et ne pas rétablir son placement en résidence surveillée », a déclaré Benjamin Zawacki, spécialiste du Myanmar à Amnesty International.

Amnesty International tient également à signaler l'arrestation de deux femmes vivant avec Aung San Suu Kyi, Khin Khin Win et sa fille, appréhendées en même temps qu'elle.

L'état de santé d'Aung San Suu Kyi s'est récemment dégradé. Lorsque son médecin personnel, Tin Myo Win, s'est présenté chez elle le 7 mai, les forces de sécurité l'ont empêché d'entrer. De retour à son domicile, il a été emmené par les autorités. Tin Myo Win est un ancien prisonnier d'opinion ; on ignore où il se trouve actuellement.

« Khin Khin Win, sa fille et Tin Myo Win font désormais partie des plus de 2 100 prisonniers politiques actuellement incarcérés au Myanmar », a ajouté Benjamin Zawacki.

« Comme les autres prisonniers politiques, ils risquent de subir des actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements. Les conditions carcérales au Myanmar sont extrêmement dures et mettent en danger la santé des détenus. »

« Faute d'une condamnation internationale unanime, le gouvernement du Myanmar continuera à faire preuve du mépris le plus total pour les droits humains. Aujourd'hui plus que jamais, le Conseil de sécurité et les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est doivent adresser aux généraux le message sans équivoque qu'ils ne peuvent plus agir en toute impunité », a conclu Benjamin Zawacki.

Aung San Suu Kyi a passé treize des dix-neuf dernières années privée de liberté, la plupart du temps en résidence surveillée. En mars dernier, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a déclaré que son incarcération enfreignait aussi bien le droit international que la législation du Myanmar.

Lettonie : la Baltic Pride a été interdite

Thu, 05/14/2009 - 10:02

La Marche des fiertés des pays baltes qui devait avoir lieu samedi 16 mai à Riga a été interdite. Le conseil municipal de Riga a annulé l'autorisation de la marche organisée par l'organisation lettonne Mozaika, la Ligue gay lituanienne et la Jeunesse gay estonienne.

Des représentants des organisateurs ont indiqué qu'ils essayaient d'obtenir de la justice une audience vendredi 15 mai pour que la Baltic Pride puisse avoir lieu comme prévu.

Mercredi 13 mai, une majorité des membres du conseil municipal de Riga ont signé une lettre ouverte au directeur du conseil, Andris Grinbergs, lui demandant d'annuler l'autorisation de la Marche au motif que cet événement était indécent et constituait une menace à la sécurité publique.

Les conseillers municipaux signataires de cette lettre ont indiqué que si le directeur du conseil n'avait pas annulé la décision d'autoriser la Baltic Pride d'ici jeudi 14 mai à 16 heures, ils chercheraient à en obtenir l'annulation par vote du conseil municipal.

La Marche des fiertés des pays baltes avait été autorisée par la commission Réunions, marches et manifestations du conseil municipal de Riga le 8 mai, après que plusieurs accords eurent été conclus entre les organisateurs, le conseil municipal et la police sur le parcours de la manifestation et les mesures à prendre en matière de sécurité.

Amnesty International a condamné la décision qui a été prise de ne pas autoriser la Marche des fiertés des pays baltes.

« Cette décision du conseil municipal de Riga est regrettable, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. Elle est contraire à la législation lettone et viole le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique de ceux qui militent en faveur des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres dans les pays baltes. »

« Le conseil devrait revenir immédiatement sur sa décision et autoriser la Marche. Amnesty International soutient pleinement les démarches auprès de la justice entreprises par les organisateurs. »

Plus de 70 militants d'Amnesty International en provenance de 23 pays d'Europe s'apprêtent à se rendre à Riga pour participer à la Baltic Pride et aux événements connexes.

Trois prisonniers politiques libérés au Zimbabwe

Thu, 05/14/2009 - 09:08

Au Zimbabwe, tous les membres du groupe de 18 défenseurs des droits humains et militants politiques qui avaient été ré-arrêtés le 5 mai sont désormais en liberté sous caution.

Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa ont été libérés le 13 mai sur décision de la Haute Cour.

Ces trois hommes étaient hospitalisés au moment de leur remise en liberté – deux d'entre eux sont soignés pour des blessures subies sous la torture lors de leur détention aux mains des services de sécurité.

Ils faisaient partie de la trentaine de personnes soumises à une disparition forcée entre octobre et décembre 2008.

Vingt-trois, dont les trois hommes libérés le 13 mai, avaient été « découvertes », les 22 et 23 décembre, dans différents postes de police de Harare et de ses environs. Loin d'arrêter leurs ravisseurs, la police avait au contraire placé ces victimes de disparitions forcées en détention illégale.

Sept personnes qui, selon le Mouvement pour le changement démocratique (MCD, le parti du Premier Ministre Morgan Tsvangirai), avaient été enlevées en même temps que les 23 autres, n'ont jamais été retrouvées.

Les détenus, à l'exception de Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa, ont été remis en liberté en février et mars 2009.

Après avoir été « découverts », ces trois hommes avaient été inculpés d'infractions pénales et traduits devant un tribunal. Leurs avocats avaient fait valoir qu'en tant que victimes d'un enlèvement, leurs clients auraient dû se trouver plutôt du côté des parties civiles que sur le banc des accusés.

Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa ont été inculpés d'insurrection, de banditisme, de sabotage et de terrorisme, pour leur implication présumée dans des attentats à l'explosif ayant endommagé des locaux de la police et un pont. De l'avis général, ces charges ont été forgées de toutes pièces.

Lorsqu'ils ont pu enfin rencontrer leurs avocats, les trois prisonniers ont déclaré qu'ils avaient été torturés. Le juge, après plusieurs reports, les a autorisés à être examinés par les médecins de leurs choix, qui ont confirmé l'existence de blessures concordant avec leurs allégations de torture.

Le 17 avril 2009, après plusieurs mois de détention, les trois hommes ont été remis en liberté sous caution, le ministère public n'ayant pas dans les délais requis déposé de recours contre une décision en ce sens. Trois jours après leur libération, cependant, Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini et Gandhi Mudzingwa ont été de nouveau placés sous surveillance armée, de gardiens de prison dans un premier temps, puis de policiers.

Le 5 mai, 18 des personnes précédemment détenues, parmi lesquelles Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa, ont été mises en accusation et citées à comparaître devant la Haute Cour. Quinze ont été de nouveau remises en liberté sous caution le lendemain.

Kisimusi Emmanuel (Chris) Dhlamini, Andrison Shadreck Manyere et Gandhi Mudzingwa n'ont cependant pas bénéficié de cette mesure, en raison apparemment de la gravité des charges portées contre eux – insurrection, banditisme, sabotage et terrorisme. Les trois hommes ont été détenus sous surveillance dans des hôpitaux de Harare jusqu'à leur libération.

Lettonie : menaces sur la Baltic Pride

Wed, 05/13/2009 - 17:12
Le doute pèse sur la tenue ou non ce week-end à Riga, en Lettonie, d'une marche pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT), depuis que des conseillers municipaux essaient d'en obtenir l'interdiction.

Amnesty International a demandé aux autorités lettones de faire en sorte que la Baltic Pride puisse avoir lieu comme prévu ce samedi 16 mai.

Le conseil municipal de Riga avait autorisé le 8 mai 2009 la marche organisée par Mozaika, association lettone de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT).

Pour des raisons de sécurité, en relation notamment avec les affrontements qui pourraient avoir lieu avec des contre-manifestants, il avait été convenu que la Marche aurait lieu dans le parc Vermane et quelques rues avoisinantes.

Mercredi 13 mai, une majorité des membres du conseil municipal de Riga ont signé une lettre ouverte au directeur du conseil, Andris Grinbergs, lui demandant d'annuler l'autorisation de la Marche au motif que cet événement était indécent et constituait une menace à la sécurité publique.

Les conseillers municipaux signataires de cette lettre ont indiqué que si le directeur du conseil n'avait pas annulé la décision d'autoriser la Baltic Pride d'ici jeudi 14 mai à 16 heures, ils chercheraient à en obtenir l'annulation par vote du conseil municipal.

« Interdire cette marche serait contraire à la législation lettone, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. Une telle interdiction violerait en outre le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique de ceux qui militent en faveur des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres dans les pays baltes. »

Amnesty International a demandé aux autorités lettones de veiller à ce que la Marche des fiertés des pays baltes puisse avoir lieu dans les conditions initialement prévues, et à ce que les personnes qui y prendront part bénéficient d'une protection adaptée contre les actes violents auxquels pourraient se livrer des contre-manifestants voulant mettre fin à cet événement.

Plus de 70 militants d'Amnesty International en provenance de 23 pays d'Europe vont se rendre à Riga pour participer à la Marche et exprimer leur solidarité avec les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie.

Sri Lanka : le Conseil de sécurité de l'ONU doit prendre des mesures pour sauver les civils

Wed, 05/13/2009 - 15:27

Amnesty International a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à agir après l'attaque contre un hôpital qui aurait fait au moins 35 morts, ce mercredi 13 mai 2009, dans le nord du Sri Lanka, dans une zone dite « protégée ».

L'organisation a demandé instamment aux autorités sri-lankaises d'autoriser immédiatement les observateurs internationaux et les organisations humanitaires à se rendre librement dans la zone de conflit – y compris dans la zone « protégée » – afin qu'ils puissent évaluer directement la situation et contribuer à résoudre la crise humanitaire et relative aux droits humains.

Dans une lettre adressée aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, a déclaré : « Le Conseil doit se réunir de toute urgence pour discuter des derniers événements inquiétants et exiger immédiatement que l'armée et les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE) cessent leurs attaques contre les civils ; que les LTTE laissent les civils quitter la zone de conflit ; et que le gouvernement sri-lankais autorise sans délai les observateurs internationaux et les organisations humanitaires à se rendre sur les lieux. »

Ce nouveau bombardement est survenu moins de vingt-quatre heures après une autre attaque contre le même hôpital, qui avait fait au moins 49 morts et plus d'une cinquantaine de blessés. Ces derniers jours, la situation au Sri Lanka a empiré, avec la mort de 400 personnes – dont plus de 100 enfants – dans ce que les Nations unies ont qualifié de véritable « bain de sang ».

« Les Tigres tamouls et l'armée sri-lankaise violent les lois de la guerre », a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie et Pacifique d'Amnesty International.

« Selon des témoins, ces derniers mois, les Tigres tamouls ont utilisé les civils piégés dans la zone de conflit comme boucliers humains face aux forces gouvernementales, et ont attaqué ceux qui tentaient de fuir.

« De leur côté, les forces sri-lankaises ont eu recours à l'artillerie lourde, qui, utilisée dans des zones densément peuplées, frappe aveuglément et fait de nombreux morts et blessés parmi les civils. »

Par ailleurs, il est à craindre que l'armée sri-lankaise ne lance une offensive militaire encore plus forte à l'issue des élections législatives en Inde, qui doivent s'achever ce mercredi 13 mai 2009. Dans ce pays voisin du Sri Lanka, les partis politiques régionaux tamouls ont fait de la protection des civils sri-lankais un thème de campagne majeur.

Dans sa lettre aux membres du Conseil de sécurité, Amnesty International demande aussi la mise en place d'une commission d'enquête chargée de se pencher sur les violations du droit international.

« Le Conseil doit rappeler sans aucune ambiguïté que les auteurs présumés de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, y compris de crimes de guerre, doivent avoir à répondre individuellement de leurs actes aux termes du droit international », a souligné Irene Khan.

Iran : Roxana Saberi a été libérée de prison

Tue, 05/12/2009 - 13:31

La journaliste irano-américaine a été libérée de prison en Iran lundi 11 mai, après la vague de protestation nationale et internationale suscitée par sa détention. Un tribunal a examiné dimanche 10 mai le recours formé contre sa condamnation et a commué la peine de huit ans d'emprisonnement à laquelle elle avait été condamnée en une peine de deux ans de prison avec sursis pour « collecte d'informations confidentielles ».

Le tribunal lui a imposé l'interdiction, pendant cinq ans, d'exercer son métier de journaliste en Iran. Amnesty International, qui avait milité en faveur de sa remise en liberté, s'est félicitée de la libération de Roxana Saberi.

« Nous nous félicitons du fait que Roxana Saberi ait bénéficié d'une décision équitable en appel et qu'elle ait été libérée de prison à Téhéran, a déclaré lundi 11 mai Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. La jeune femme n'aurait néanmoins jamais dû être incarcérée. »

« Pour qu'elle puisse être pleinement saluée, la libération de Roxana Saberi devrait être inconditionnelle. Il faudrait en particulier que Roxana Saberi soit libre dans ses déplacements, une liberté dont n'ont pas bénéficié Narges Mohammadi, assistante de la lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi, et Soraya Azizpanah, rédactrice du magazine Razan, à qui l'autorisation de se rendre à une conférence au Guatemala a été refusée le week-end dernier. »


En avril 2009, Roxana Saberi avait été reconnue coupable par le tribunal révolutionnaire de Téhéran, à huis clos, de « collaboration avec un État hostile ». Elle avait été condamnée à une peine de huit ans d'emprisonnement. Un de ses avocats, Saleh Nikbakht, a indiqué à l'AFP que la cour d'appel avait annulé cette condamnation en se fondant sur le fait que les États-Unis et l'Iran ne pouvaient pas être définis comme hostiles l'un envers l'autre.

« Nous demandons aux autorités iraniennes de libérer tous les autres prisonniers d'opinion du pays, dont les frères Alaei, deux médecins incarcérés sur la base de charges similaires, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui. Nous pensons qu'ils sont détenus uniquement en raison de leur collaboration avec des institutions étrangères, et en particulier américaines, dans le domaine de la prévention et du traitement du VIH/sida. »

Ces deux médecins spécialisés dans la prévention et le traitement du VIH/sida ont été arrêtés en juin 2008. En janvier 2009, à l'issue d'un procès inique, ils ont été condamnés l'un à six ans l'autre à trois ans d'emprisonnement pour « collaboration avec un gouvernement ennemi ».  

Des responsables gouvernementaux ont affirmé que les deux hommes avaient été arrêtés en relation avec un complot de « renversement en douceur » de la République islamique. Leurs condamnations ont été confirmées en appel en mars 2009. Deux autres personnes sont incarcérées dans le cadre de la même affaire.

Plus de 3 100 médecins, infirmiers et autres professionnels de la santé originaires de plus de 85 pays ont signé une pétition en ligne réclamant la libération des frères Alaei.

Appels renouvelés en faveur d'une trêve humanitaire au Sri Lanka

Fri, 03/27/2009 - 15:17

Les appels en faveur d'une trêve humanitaire entre les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE) et les forces armées sri-lankaises se multiplient, tandis que les combats s'intensifient et que le nombre de victimes augmente. Jeudi 26 mars, Amnesty International a réitéré ses appels, demandant une trêve immédiate visant à permettre que l'aide puisse parvenir aux civils pris au piège et à assurer à ceux qui souhaitent partir la possibilité de le faire en toute sécurité.

Des dizaines de milliers de personnes, prises au piège dans des « zones de sécurité » dans la région du Vanni (nord-est de l'île), se retrouvent exposées à un danger croissant en raison de l'escalade de la violence dans les combats opposant les deux camps.

« Tirer délibérément sur des civils, quel que soit le camp à l'origine des tirs, constitue un crime de guerre, a déclaré Sam Zarifi, directeur pour la région Asie-Pacifique à Amnesty International. Nous ne pouvons insister assez sur l'importance d'une pause immédiate pour permettre aux personnes déplacées de partir avant que des milliers d'autres ne soient tuées. Les Nations unies et les donateurs internationaux doivent faire pression sur les deux parties pour que soit mis fin à cette catastrophe humanitaire majeure. »

Le 26 mars, John Holmes, responsable des affaires humanitaires aux Nations unies, a également appelé à une pause humanitaire afin de permettre à la population civile de quitter le secteur. Amnesty International a par ailleurs demandé aux Nations unies et aux donateurs internationaux de faire pression sur le Sri Lanka pour qu'il permette aux organisations humanitaires d'accéder librement aux camps de personnes déplacées dans la région.

L'organisation a adressé cette demande au moment de la diffusion d'une nouvelle synthèse décrivant la situation des personnes déplacées à l'intérieur du Sri Lanka.

L'organisation a reçu des informations crédibles et concordantes faisant état de déplacements forcés de civils par les LTTE, qui les pousseraient vers des régions sous leur contrôle dans le Vanni. Se retrouvent otages de fait, ils servent de bouclier contre les forces armées sri-lankaises – en violation flagrante du droit international humanitaire.

Selon la plupart des observateurs indépendants, il y aurait entre 150 000 et 200 000 civils pris sous le feu de combats intenses. Les LTTE auraient également délibérément tiré sur des civils qui essayaient de quitter les zones sous leur contrôle.

Le gouvernement sri-lankais a aggravé les souffrances des personnes déplacées en empêchant l'aide humanitaire internationale de parvenir à une région désormais privée d'hôpitaux en état de fonctionnement. Les personnes qui risquent leur vie en fuyant s'exposent à d'autres exactions lorsqu'elles pénètrent dans les zones contrôlées par le gouvernement.

Amnesty International dispose d'informations montrant que le gouvernement se sert de la procédure de filtrage aux points de contrôle et dans les « villages protégés » pour instaurer une discrimination envers les Tamouls et maintenir en détention des familles pendant des périodes indéterminées.

Selon les informations dont nous disposons, les « villages protégés » mis en place par les autorités sont surpeuplés et ne disposent pas des infrastructures appropriées. Dans les camps de Vavuniya et de Jaffna, les personnes déplacées sont détenues de fait, elles n'ont en effet pas l'autorisation de partir. On note également une présence militaire continue à l'intérieur des camps ce qui augmente le danger pour les civils.

« L'attitude du gouvernement sri-lankais jusqu'à présent a été de demander l'aide internationale tout en rejetant les normes et une surveillance internationales, a déclaré Sam Zarifi. Les Nations unies et les gouvernements donateurs doivent s'assurer que le Sri Lanka agit conformément à ses obligations et met fin à la discrimination et aux souffrances des personnes déplacées. »

Menaces et agressions : les dangers liés à l'ouverture des archives de la police au Guatemala

Fri, 03/27/2009 - 14:02

Des fonctionnaires chargés d'ouvrir les archives de la police guatémaltèque et des membres de leur famille ont été menacés et agressés ces derniers jours. L'épouse du directeur des services du procureur des droits humains a été enlevée le 25 mars et torturée.

L'un des membres de ces services a été roué de coups et plusieurs autres ont reçu des menaces. Il y a ainsi eu une alerte à la bombe et le directeur a été menacé de mort.

Les archives de la police contiennent des informations sur les atrocités commises par les forces de sécurité durant le conflit armé interne au Guatemala. Elles ont été découvertes en 2005 par des membres des services du procureur des droits humains, qui depuis lors trient et classifient les informations disponibles ; durant la semaine du 23 mars ils ont rendus publics 12 millions de documents, sur quelque 80 millions.

D'après Amnesty International, ces attaques et menaces ont pour objectif d'intimider les membres des services du procureur des droits humains afin de les dissuader de poursuivre leur travail. Deux anciens policiers ont déjà été inculpés dans le cadre d'une affaire de disparition forcée, grâce à des informations découvertes dans les archives.

Amnesty International a exhorté les autorités guatémaltèques à mener immédiatement des enquêtes approfondies sur les attaques visant ces fonctionnaires et leurs proches.

« Les fantômes du passé n'ont pas leur place au Guatemala aujourd'hui, a déclaré Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d'Amnesty International. Les autorités guatémaltèques doivent veiller à ce que les responsables présumés des attaques et des menaces ciblant ceux qui œuvrent à faire la lumière sur les violences commises pendant le conflit armé ne s'en tirent pas sans encombre. »

« L'ouverture des archives de la police est un énorme pas en avant vers une véritable justice au Guatemala. Il s'agit désormais de veiller à ce que ces informations servent à rendre justice aux milliers de victimes de violations des droits fondamentaux dans ce pays. »

Environ 200 000 personnes, appartenant pour la plupart à des groupes indigènes mayas, ont été tuées ou ont fait l'objet de disparitions forcées pendant la guerre civile qui a sévi au Guatemala. Le conflit a débuté en 1960 et pris fin en 1996 avec la signature d'accords de paix entre le gouvernement guatémaltèque et le groupe d'opposition armée. Les archives découvertes par les services du procureur des droits humains appartenaient à la désormais défunte police nationale, remplacée par la police nationale civile, un nouvel organe créé en vertu des accords de paix.

Des gardes-frontières meurent en détention au Bangladesh

Fri, 03/27/2009 - 11:29

Quatre gardes-frontières sont morts en détention au Bangladesh au cours des deux dernières semaines. Amnesty International a engagé les autorités du pays à instituer un organe indépendant, impartial et compétent pour enquêter sur ces décès.

Ces quatre membres des Bangladesh Rifles (BDR), faisaient partie des centaines d'hommes de ce groupe paramilitaire interrogés au sujet de leur implication présumée dans le meurtre de plus de 70 personnes, dont au moins 55 militaires, au cours d'une mutinerie menée par les BDR pendant deux jours en février.

Nayek Subedar Mozammel Haq est mort le 9 mars, Waheduzzaman le 15 mars, Sepoy Monir Hossain le 17 mars, et Lance Nayek Mobarak Hossain est décédé en détention le 22 mars. On ignore s'ils se trouvaient sous la garde de l'armée ou de la police à ce moment-là.

Certaines informations crédibles laissent entendre qu'il est possible que ces détenus soient morts des suites d'actes de torture. Des représentants du gouvernement ont déclaré que les deux premiers se sont suicidés et que les deux autres ont succombé à une crise cardiaque. Il a cependant été constaté à l'hôpital que les poignets, bras, genoux et épaules de la dernière victime étaient enflés et couverts d'ecchymoses.

On ignore combien de membres des BDR exactement sont privés de liberté mais selon certaines sources au sein du gouvernement, ce chiffre dépasse 400. Rares sont les informations indépendantes concernant les circonstances de leur détention ou le traitement qui leur est réservé. Dans la grande majorité des cas, leurs proches n'ont pas été autorisés à leur rendre visite. On ne sait pas s'ils peuvent s'entretenir avec des avocats ou recevoir les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.

Amnesty International a demandé au gouvernement bangladais de faire en sorte que ces détenus ne soient pas soumis à la torture, qu'ils puissent s'entretenir avec des avocats, recevoir la visite de leur famille et former un recours auprès de la justice afin de contester la légalité de leur détention. Tous les détenus doivent être relâchés sans délai s'ils ne sont pas inculpés d'infractions reconnues par la loi et placés en détention provisoire par un tribunal indépendant.

« Le gouvernement doit agir immédiatement afin de garantir que tout détenu ayant besoin d'une assistance médicale reçoive les soins requis, a déclaré Sam Zarifi, directeur du Programme Asie d'Amnesty International.

« L'enquête visant à établir les causes de ces décès doit être rigoureuse, et tout responsable présumé, y compris aux postes de commandement, doit être déféré à la justice conformément aux normes internationales en matière d'équité des procès, sans que la peine capitale soit prononcée.

« Le gouvernement a tout intérêt à ce qu'une enquête impartiale soit menée, de sorte que la confiance soit rétablie au sein des forces armées et que l'on évite que cela se reproduise. »

Des gardes-frontières ont mené une mutinerie qui a duré trente-trois heures au quartier général des BDR, à Pilkhana, les 25 et 26 février. Les médias bangladais ont indiqué que ce soulèvement faisait suite à des doléances au sujet de la solde perçue par les BDR, ainsi que de leurs conditions de travail. Des représentants du gouvernement ont affirmé qu'il s'agissait d'un complot visant à évincer le gouvernement nouvellement élu.

La torture de suspects au cours d'interrogatoires est généralisée au Bangladesh. Des organisations de défense des droits humains, des militants de la société civile et même des responsables judiciaires ont demandé à maintes reprises que la population soit protégée contre la torture.

Toujours pas de visa pour les épouses de deux des «Cinq de Miami», qui veulent simplement rendre visite à leurs maris

Thu, 03/26/2009 - 12:43

Les autorités américaines ont refusé pour la neuvième fois d'accorder à deux ressortissantes cubaines le visa temporaire qui leur permettrait de rendre visite à leurs époux, qui purgent de lourdes peines d'emprisonnement aux États-Unis.

Les maris d'Adriana Pérez et Olga Salanueva font partie d'un groupe connu sous le nom de « Cuban Five » ou encore de « Miami Five ». René González et Gerardo Hernández sont emprisonnés depuis 1998. Ils ont été déclarés coupables d'avoir « agi en tant qu'agents non immatriculés d'un gouvernement étranger » et d'infractions connexes.

En août 2005, les condamnations de chacun des Cuban Five ont été annulées en Cour d'appel et un nouveau procès a été ordonné, l'hostilité latente envers les Cubains pro-Castro de Miami (où avait eu lieu le procès) ayant été jugée préjudiciable aux accusés.

Cette décision a été infirmée le 9 août 2006 par la Cour fédérale d'appel du onzième circuit, le préjudice n'ayant pas été démontré, selon elle, dans la sélection des jurés.

La dernière demande de visa d'Adriana Pérez a été rejetée en janvier 2009, au prétexte qu'elle ne remplissait pas les conditions requises en vertu d'une loi américaine de 2002 relative au renforcement de la sécurité des frontières et à la réforme des visas d'entrée sur le territoire. Cette loi impose des restrictions en ce qui concerne la « délivrance de visa aux non immigrants originaires de pays dont les autorités soutiennent le terrorisme international ».

La demande la plus récente d'Olga Salanueva a été rejetée au motif qu'elle avait été expulsée des États-Unis en novembre 2000. Elle vient d'apprendre que ce refus était désormais permanent.

Certains des parents cubains des cinq prisonniers se sont vu accorder des visas temporaires, mais il leur est arrivé d'attendre longtemps, de quelques mois à deux ans, avant d'apprendre que les autorités avaient approuvé leurs demandes.

Avant son expulsion en 2000, au cours du procès de René González, Olga Salanueva vivait en toute légalité aux États-Unis. Les autorités lui ont par la suite délivré un visa lui permettant de rendre visite à son époux en mars 2002, visa révoqué le 23 avril 2002, peu avant qu'elle ne doive se rendre sur place.

En 2002, Adriana Pérez a obtenu un visa pour rendre visite à son mari mais elle a été arrêtée dès son arrivée aux États-Unis et expulsée onze heures plus tard.

Ces sept dernières années, les autorités américaines ont rejeté toutes les autres demandes de visa déposées par les deux femmes. Pour justifier ces refus, les autorités affirment que les deux femmes représentent une menace pour la sécurité nationale. Cependant, elles n'ont ni l'une ni l'autre été inculpées d'infractions en rapport avec ces allégations, et aucun élément de preuve n'est venu corroborer ces dernières.

Au fil des années, les raisons invoquées pour expliquer la décision de ne pas leur accorder de visa ont varié, illustrant un manque de cohérence dans les raisonnements des autorités concernant le refus de laisser ces femmes rendre visite à leur époux respectif.

Amnesty International a à de nombreuses reprises abordé le sujet avec les autorités américaines depuis 2002, considérant que le fait de priver ces prisonniers de la visite de leurs épouses constitue une punition inutile allant à l'encontre des normes prévoyant que les détenus doivent être traités avec humanité et de l'obligation qui incombe aux États de protéger la vie de famille.

L'organisation estime que cette privation est particulièrement sévère compte tenu de la durée des peines prononcées contre les deux hommes (René Gonzáles a été condamné à quinze années d'emprisonnement et Gerardo Hernández à la réclusion à perpétuité) et du fait des interrogations qui subsistent quant à l'équité de leurs condamnations.

Amnesty International a engagé le gouvernement américain à revenir sur ces restrictions, attirant son attention sur les normes internationales mettant en avant l'importance de la famille et du droit de tous les prisonniers de maintenir le contact avec leurs proches et de recevoir des visites.

L'organisation a déclaré que lorsque les proches d'un prisonnier vivent hors des États-Unis, le fait de refuser à celui-ci la visite de sa famille immédiate, que cela soit pour une durée indéterminée ou de façon permanente, constitue une privation grave.

Amnesty International exhorte le gouvernement américain d'accorder des visas temporaires aux deux femmes à des fins de visite dès que de nouvelles demandes en ce sens seront déposées.

Des migrants languissent en détention aux États-Unis

Thu, 03/26/2009 - 11:30
Selon un nouveau rapport d'Amnesty International, le nombre d'immigrants se trouvant en détention aux États-Unis a considérablement augmenté cette dernière décennie, situation ayant pour conséquence un non respect des procédures légales qui a conduit certains détenus à tenter de se suicider.

Au cours de la dizaine d'années écoulée, le nombre d'immigrants incarcérés a triplé, passant de 10 000 en 1996 à plus de 30 000 en 2008. Parmi ces détenus figurent des demandeurs d'asile, des rescapés de la torture et de la traite des êtres humains, des résidents permanents des États-Unis en règle et les parents de citoyens américains.

« Le placement en détention est devenue la règle », a expliqué Sarnata Reynolds, directrice du programme sur les droits des réfugiés et des migrants à la section américaine d'Amnesty International.

En vertu des normes internationales en matière de droits humains, un placement en détention ne doit être ordonné que dans des circonstances exceptionnelles, doit être justifié dans chaque cas et pouvoir faire l'objet d'une révision judiciaire.

Cependant, le droit américain prévoit que toute personne appréhendée à la frontière « sera placée en détention » le temps que la procédure relative à son expulsion soit menée à son terme. Un responsable de l'immigration détermine si les personnes concernées peuvent être remises en liberté le temps que leur cas soit examiné. Dans les faits, beaucoup sont incarcérées pendant des mois, voire pendant des années dans certains cas, sans que leur dossier soit réexaminé par un organe judiciaire.

Aux États-Unis, les immigrants peuvent également faire l'objet d'un placement en détention obligatoire s'ils sont déclarés coupables de certaines infractions, parmi lesquelles des délits mineurs n'ayant été accompagnés d'aucune violence. Des citoyens américains et des résidents permanents de longue date aux États-Unis ont été incorrectement soumis au régime de détention obligatoire en vertu de ces dispositions, et ont passé des mois voire des années derrière les barreaux avant d'être en mesure de prouver qu'ils ne sont pas expulsables.

En 2007, des juristes ont découvert que pas moins de 322 personnes se trouvant en détention pouvaient prétendre à la citoyenneté américaine.

Amnesty International a recommandé de ne procéder à un placement en détention qu'en dernier recours et préconise que le Congrès adopte des lois prévoyant que le cas de chaque immigrant concerné fasse l'objet d'une audience individuelle, visant à déterminer si une incarcération est requise. L'organisation a également demandé au gouvernement américain de veiller à ce que les responsables de tous les lieux de détention où sont incarcérés des immigrants fassent en sorte que ceux-ci soient traités avec humanité et se conforment aux normes ayant force de loi en matière de droits humains.

Le rapport d'Amnesty International met en avant certains cas individuels de détenus, notamment celui d'une Mexicaine de trente-quatre ans, mère de trois enfants. Elle a dit avoir été arrêtée chez elle pour ne pas s'être présentée au tribunal dans le cadre d'une affaire de vol simple. Au bout de presque trois semaines de détention, elle a essayé de se pendre. Lorsque les fonctionnaires de l'immigration l'ont trouvée, ils l'ont menottée et transférée dans une autre cellule.

Un autre détenu, moine bouddhiste, a fui le Tibet où il avait été torturé en raison de ses convictions religieuses et politiques. Arrivé à New York, il a immédiatement été placé en détention pour dix mois. En 2007, il a reçu la permission de rester sur le territoire américain.

Un journaliste en détention depuis le 22 mars en Corée du Sud

Wed, 03/25/2009 - 18:33
Roh Jong-myeon et trois de ses collègues ont été arrêtés pour « ingérence dans les affaires ».

Amnesty International a demandé au gouvernement sud-coréen de relâcher Roh Jong-myeon immédiatement.

La police sud-coréenne a arrêté à leur domicile cet homme, dirigeant du syndicat des journalistes de la chaîne d'information câblée YTN, ainsi que ses collègues et militants au sein du même syndicat Hyun Duck-soo, Cho Seung-ho et Lim Jang-hyuk.

Le tribunal du district central de Séoul a décerné un mandat d'arrêt autorisant à maintenir en détention Roh Jong-myeon au-delà de 48 heures pour « ingérence dans les affaires ». Ses collègues ont été relâchés, faute de preuves.

D'après la police, les quatre hommes ont été appréhendés parce qu'ils ne s'étaient pas rendus à l'heure convenue au commissariat de Namdaemun alors qu'ils y avaient été convoqués, allégation que les journalistes réfutent.

« Il semble que M. Roh et ses collègues aient été arrêtés uniquement en raison de leurs activités syndicales pacifiques – une évolution inquiétante de ce qui semble être une volonté de plus en plus concertée du gouvernement de contrôler les médias sud-coréens », a indiqué Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Plusieurs syndicalistes se sont mis en grève lundi 23 mars afin de soutenir leurs collègues détenus. Les journalistes et syndicalistes d'YTN protestent depuis 2008 contre les restrictions à la liberté d'expression, réclamant des garanties quant à l'indépendance éditoriale à la suite de la nomination de Ku Bon-hong à la tête de la chaîne. Celui-ci a en effet travaillé en tant qu'assistant du président sud-coréen Lee Myung-bak.

Ku Bon-hong a poursuivi en justice 12 journalistes syndiqués et renvoyé six journalistes pour « ingérence dans les affaires », en raison des protestations contre sa nomination à la tête d'YTN.

« Cela fait bien longtemps que les médias sud-coréens n'avaient pas été confrontés à ce type d'ingérence et de harcèlement injustifiés de la part du gouvernement, a affirmé Roseann Rife. Ces arrestations bafouent le droit à la liberté de réunion et la liberté de la presse. Elles constituent un tournant très inquiétant pour les médias sud-coréens. »

En novembre 2008, un chercheur d'Amnesty International a rencontré Roh Jong-myeon et ses collègues afin d'examiner les allégations d'ingérence dans l'indépendance éditoriale.

En 2008, les directeurs exécutifs et les présidents du Korean Broadcasting System (KBS), de la Korean Broadcasting Advertising Corporation, d'Arirang TV et de Sky Life ont eux aussi été remplacés par des partisans du gouvernement de Lee Myung-bak.

Des journaux malaisiens d'opposition voient leurs activités suspendues du fait de la politique répressive du gouvernement

Wed, 03/25/2009 - 10:33

Deux journaux dirigés par des partis malaisiens d'opposition ont été suspendus par le ministère de l'Intérieur pour une durée de trois mois à compter du 23 mars.

Ces mesures semblent s'inscrire dans la politique de répression menée par le gouvernement contre un ensemble de personnes perçues comme des opposants, allant de blogueurs à des personnes participant à des rassemblements politiques, en passant par des députés de l'opposition.

Ces journaux, Harakah, lié au Parti islamique pan-malaisien, et Suara Keadilan, affilié au Parti de la justice nationale, ont tous deux vu leur permis suspendu au titre de la Loi de 1984 relative à la presse et aux publications.

Ces suspensions sont survenues la veille de l'ouverture de l'assemblée générale annuelle d'un des partis au pouvoir, l'Organisation d'union nationale malaise (UMNO). Au cours de cette conférence, Najib Tun Razak, vice-Premier ministre, devrait être élu président de l'UMNO, en amont de sa nomination au poste de Premier ministre, prévue pour la semaine du 30 avril. L'UNMO a refusé à plusieurs journalistes, représentant au moins six publications, l'accréditation requise pour couvrir le rassemblement.

La décision du gouvernement malaisien de suspendre les deux journaux a pour conséquence de réduire au silence les 37 p. cent de Malaisiens ayant voté pour l'opposition au cours des élections générales de 2008.

Amnesty International a appelé le gouvernement malaisien et en particulier, le futur Premier ministre, Najib Tun Razak à ne pas sanctionner la liberté d'expression.

Toujours le 23 mars, la police a aspergé sans sommation l'assistance, et notamment des enfants, de gaz lacrymogène et d'eau additionnée de produits chimiques lors d'un rassemblement à Bukit Selambau, dans l'État de Kedah (nord du pays). Ces personnes étaient venues écouter Anwar Ibrahim, un des dirigeants de l'opposition, s'exprimer en amont de l'élection partielle devant se tenir dans ce secteur. Environ 31 personnes auraient été arrêtées, mais toutes ont été relâchées le lendemain.

Au mois de mars, huit personnes ont été inculpées pour avoir critiqué le sultan de Perak sur Internet.

Fuad Ariff Abdul Rashid, homme d'affaires, et son épouse Fatimah Maisurah Abdullah, avocate, ont été inculpés le 16 mars de deux infractions en relation avec la publication en ligne de commentaires critiques à l'égard du sultan malaisien sur le site Internet officiel du dirigeant. Cette inculpation fait suite à un coup de filet national lancé contre des blogueurs le 13 mars, à l'issue duquel des charges similaires ont été retenues contre six personnes. Tous ont été inculpés en vertu de la Loi sur les communications et le multimédia.

Parallèlement, Karpal Singh, député de l'opposition et avocat, a été inculpé de sédition pour avoir menacé d'intenter un procès à ce même sultan au sujet de la crise politique que connaît l'État de Perak. Karpal Singh avait déclaré que le sultan avait enfreint la constitution de cet État lorsqu'il a exigé la démission du Premier ministre de l'État.

Accusés de représenter une menace à la sécurité, à la paix et à l'ordre public, Raja Petra Kamaruddin, un blogueur influent, Teresa Kok, responsable d'un parti d'opposition, et Tan Hoong Cheng, journaliste, ont été arrêtés en septembre 2008 au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure.

Teresa Kok et Tan Hoong Cheng ont été relâchés peu après. Raja Petra Kamaruddin quant à lui a été remis en liberté en novembre après que la justice eut fait droit à une requête visant à contester la légalité de sa détention, décision contre laquelle le gouvernement a formé un recours.

Un adolescent américain tué par une attaque policière au Taser

Mon, 03/23/2009 - 18:30

Un garçon de 15 ans est mort dans le Michigan après avoir été électrocuté par un pistolet Taser. Amnesty International a déclaré que cette mort faisait apparaître la nécessité absolue de tester davantage la sécurité de cette arme à impulsion électrique.

« Cette fois-ci encore, la police a utilisé un pistolet Taser dans des circonstances où aucune vie ne semblait menacée, a déclaré Angela Wright, chargée des recherches sur les États-Unis au sein d'Amnesty International. Il est évident qu'il existe d'autre moyen d'immobiliser un adolescent non armé que d'utiliser une arme paralysante à impulsion électrique. »

« Les pistolets Taser ne sont pas aussi sûrs qu'on les a décrits. Une enquête exhaustive sur leur degré de sécurité doit absolument être menée pour éviter que d'autres personnes ne subissent les conséquence d'une mauvaise utilisation de ces armes. »

La police a indiqué dans un communiqué de presse que le jeune garçon - dont l'identité n'a pas été révélée - avait été visé alors qu'il « tentait d'agresser » des policiers de Bay City appelés sur les lieux pour mettre fin à une dispute entre deux individus dans un appartement. Le garçon serait entré dans un état de détresse médicale immédiatement après avoir été électrocuté ; il a été déclaré mort à l'hôpital.

Selon les informations rassemblées par Amnesty International, il s'agit du deuxième mineur qui meurt cette année aux États-Unis après avoir reçu une décharge d'un pistolet Taser. Le nombre total de personnes mortes aux États-Unis après qu'un Taser ait été utilisé contre elles s'élève à 351 depuis juin 2001.

En décembre dernier, Amnesty International a rendu public un rapport sur les problèmes liés à l'utilisation des armes à impulsion électrique par les forces de l'ordre. Cette étude reprenait des données médicales suggérant que l'utilisation de telles armes peut entraîner la mort de personnes déjà fragilisées par des stupéfiants, l'agitation ou un problème de santé. Le rapport décrivait également des cas où des personnes apparemment en bonne santé étaient mortes après avoir été électrocutées par un Taser.

En janvier, un garçon non armé âgé de 17 ans est mort en Virginie après que la police venue sur place pour un incident survenu dans la rue lui eut envoyé une décharge avec un pistolet paralysant, dans son appartement.

En mars 2008, Darryl Turner, également âgé de 17 ans, est mort en Caroline du Nord après que la police lui eut infligé une décharge avec un Taser à la suite d'une altercation dans le magasin dans lequel il travaillait.

Un enregistrement vidéo a montré un policier envoyant des décharges en direction de la poitrine de l'adolescent qui était debout, non armé, les bras le long du corps. Le coroner a statué que le décès résultait d'une perturbation fatale du rythme cardiaque provoquée à la fois par le stress et les décharges du Taser. Ce décès est l'un des 50 décès au moins aux États-Unis pour lesquels un coroner a statué que l'utilisation d'un Taser avait directement causé la mort ou y avait contribué.

« Ces morts provoquées par un recours disproportionné à la force de la part de la police ou par l'utilisation d'armes n'ayant pas été rigoureusement testées ou ne faisant pas l'objet de contrôles suffisants sont extrêmement préoccupantes », a déclaré Angela Wright.

Amnesty International a appelé les différents services américains responsables du maintien de l'ordre soit à cesser d'utiliser les pistolets Taser en attendant des tests supplémentaires sur leurs conditions de sécurité, soit à limiter leur utilisation aux situations dans lesquelles ils sont strictement nécessaires pour protéger des vies et pour éviter que les policiers utilisent des armes à feu.

Les experts de l'ONU condamnent le maintien en détention d'un blogueur égyptien

Mon, 03/23/2009 - 18:02

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a transmis sa décision à ce propos à Amnesty International.

Amnesty International, le Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'homme et le centre Hisham Mubarak pour le droit ont salué la position du Groupe de travail. Les trois organisations ont déclaré qu'il s'agissait d'une initiative novatrice, qui fera date dans le cadre de la lutte contre la détention arbitraire et les restrictions à la liberté d'expression en Égypte.

Amnesty International et les deux organisations égyptiennes de défense des droits humains, dont les avocats ont travaillé d'arrache-pied sur le cas de Karim Amer, exhortent les autorités égyptiennes à se conformer de toute urgence à la décision rendue par le Groupe de travail et de relâcher cet homme immédiatement et sans condition. Les trois organisations considèrent que Karim Amer est un prisonnier d'opinion et se sont mobilisées en faveur de sa libération.

Cet homme a été condamné à une peine de quatre ans d'emprisonnement en 2007 pour avoir critiqué sur son blog les autorités religieuses d'El Azhar et Hosni Moubarak, le président égyptien. Il était notamment accusé de « diffusion d'informations susceptibles de troubler l'ordre public et de ternir la réputation du pays », « d'incitation à la haine de l'islam » et de « diffamation à l'égard du président de la République ».

On a assisté ces dernières années à une augmentation du nombre de procès de journalistes pour diffamation en Égypte. Dans sa déclaration, le Groupe de travail a observé que l'incarcération de journalistes et de blogueurs pour diffamation ou insultes aux autorités de l'État était un châtiment disproportionné et avait un impact grave sur la liberté d'opinion et d'expression.

Cette déclaration constitue une mise en garde appréciée aux autorités égyptiennes, visant à les dissuader de se retrancher derrière des accusations de diffamation à l'égard de l'Islam ou d'insulte aux chefs d'État afin de limiter la liberté d'expression.

Les trois organisations appellent les autorités égyptiennes à réviser ou à abroger toute loi qui, en violation des normes internationales, prévoit une peine d'emprisonnement pour le simple exercice du droit à la liberté d'expression, de pensée, de conscience et de religion.

Lisez ci-joint l'intégralité de la déclaration du Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Des hommes et des adolescents chiites maintenus au secret par les autorités saoudiennes

Mon, 03/23/2009 - 17:54
Au moins 10 personnes, dont sept mineurs, appartenant à la minorité chiite de la province de l'Est en Arabie saoudite sont en détention au secret et risquent d'être soumises à la torture et à d'autres types de mauvais traitement.

Ces personnes ont été appréhendées ce mois-ci à la suite de manifestations de protestation contre l'arrestation de chiites visitant le tombeau du prophète Mahomet dans la ville de Médine, dans l'ouest du pays.

Tout a commencé lorsque des membres du Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice (CPVPV) ont filmé des femmes chiites venues voir le tombeau du prophète Mahomet à Médine.

Irrité par ces agissements, un groupe plus large composé d'hommes et de femmes chiites également présents sur les lieux est allé manifester devant les locaux du CPVPV à Médine afin de réclamer qu'on lui remette la bande vidéo.

La situation a dégénéré et plusieurs affrontements ont éclaté lorsque des membres du CPVPV s'en sont pris aux manifestants, dont un certain nombre ont été blessés et au moins neuf ont été arrêtés, avant d'être libérés au bout d'environ une semaine de détention.

Selon le ministre de l'Intérieur, le prince Naif bin Abdul Aziz al Saoud, certaines personnes appartenant à la communauté sunnite ont aussi été appréhendées.

En Arabie saoudite, les manifestations ne sont pas autorisées. Ceux qui bravent cette interdiction sont fréquemment détenus au secret sans inculpation, privés de la possibilité de contester devant un tribunal la légalité de leur détention, et torturés.

Les six mineurs, tous âgés de quatorze à seize ans, ont été appréhendés entre le 4 et le 8 mars pour avoir participé à une manifestation à Safwa (province de l'Est) le 27 février. Ils ont été placés dans un foyer pour enfants à Al Khober. La plupart d'entre eux n'auraient pas été autorisés à recevoir la visite de leur famille.

Au moins quatre autres personnes, dont un mineur, ont été arrêtées après avoir pris part à des rassemblements se tenant à Al Awamiya (province de l'Est) depuis le 19 mars. Ces rassemblements ont été organisés pour protester contre un mandat d'arrêt décerné à l'encontre de Sheikh Nimr Bagir al Namr, haut dignitaire religieux chiite et imam d'une mosquée d'Al Awamiyya. Le motif de ce mandat serait lié à ses critiques au sujet des attaques visant les chiites se rendant au tombeau du prophète Mahomet et de l'intolérance religieuse généralisée contre la communauté chiite en Arabie saoudite.

Parmi les personnes arrêtées figurent Ali Ahmad al Faraj, seize ans, le neveu de Sheikh Nimr Baqir al-Namr, qui a été arrêté le 22 mars. Sont également au nombre de celles-ci Nouh Ali Salih Abdul Jabbar et Makki Al Abbas, appréhendés le 19 mars. Leurs proches ignorent apparemment où ils se trouvent.

Amnesty International a demandé aux autorités saoudiennes de veiller à ce que ces détenus soient protégés de la torture et de toute autre forme de mauvais traitement, et à ce qu'ils puissent régulièrement recevoir la visite de leurs proches, consulter leurs avocats et bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.

L'organisation les a également priées de libérer ces personnes immédiatement et sans condition si elles sont détenues uniquement pour avoir participé à des manifestations non violentes.
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Pour obtenir des renseignements sur la provenance des séquences, reportez-vous à la liste de plans ci-dessous ou prenez contact avec Amnesty International (Programme Médias et Audiovisuel – tél. : +44 (0) 207 413 5566).
 

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