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Les autorités iraniennes doivent libérer un prisonnier d'opinion pour qu'il puisse rendre visite à son fils malade
Les autorités iraniennes doivent immédiatement remettre en liberté Mohammad Sadigh Kabudvand, journaliste et défenseur des droits humains, et lui permettre de se rendre auprès de son fils de 22 ans qui est gravement malade, a déclaré Amnesty International.
Parinaz Baghban Hassani, l'épouse de Mohammad Sadigh Kabudvand, a demandé qu'on lui accorde une permission de sortie exceptionnelle, pratique courante en Iran, afin qu'il puisse voir leur fils Pejman, dont l'état de santé s'est détérioré ces derniers mois.
Amnesty International estime que Mohammad Sadigh Kabudvand, qui est incarcéré à la section 209 de la tristement célèbre prison d'Evin, est un prisonnier d'opinion, détenu uniquement au motif de son action pacifique en faveur des droits humains.
« Nous pensons que les seules raisons pour lesquelles Mohammad Sadigh Kabudvand a été placé en détention sont son travail de défense des droits humains et le fait d'avoir exprimé son opinion, de manière pourtant pacifique », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
« Il n'aurait donc jamais dû être arrêté ni emprisonné. Il est non seulement traité de manière inique, mais n'est en outre pas autorisé, en tant que père, à être aux côtés de son fils gravement malade. Cela est injuste et cruel. Il faut lui permettre de traverser ce moment difficile avec sa famille dans la dignité. »
Mohammad Sadigh Kabudvand, qui a fondé l'Organisation des droits humains du Kurdistan, a été arrêté le 1er juillet 2007 et purge actuellement une peine de 10 ans et demi de prison pour deux cas distincts remontant à 2005 et 2008.
Amnesty International exhorte l'Iran à libérer un prisonnier d'opinion détenu à la prison d'Evin, à Téhéran, afin qu'il puisse se rendre au chevet de son fils malade.
Soudan. Il faut mettre fin aux bombardements et autoriser l'accès humanitaire dans les régions touchées par le conflit
Amnesty International a salué jeudi 16 février l'appel lancé par le Conseil de sécurité des Nations unies en faveur d'un accès humanitaire immédiat et sans entrave aux États du Kordofan méridional et du Nil bleu, au Soudan.
Le 14 février, le Conseil de sécurité est enfin sorti du silence, après des mois de conflit, en publiant une déclaration à la presse à l'attention du gouvernement soudanais et du Mouvement populaire de libération du Soudan (Nord) (SPLM-N).
« Cet appel, plus que bienvenu et attendu de longue date, brise enfin le silence qui entourait le blocage de l'aide humanitaire au Soudan, dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu, a réagi Renzo Pomi, représentant d'Amnesty International auprès des Nations unies.
« Le Conseil de sécurité doit désormais maintenir la pression sur le gouvernement soudanais afin qu'il permette l'accès humanitaire à la région et doit condamner fermement les bombardements aveugles et toutes les violations des droits humains perpétrés dans ces deux États. »
Le 15 août 2011, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié un rapport sur le Kordofan méridional, qui s'appuie sur des recherches menées par les observateurs chargés de veiller au respect des droits humains de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS), avant la fin de son mandat le 9 juillet 2011.
Ce rapport décrivait des homicides illégaux, des destructions et des pillages massifs de biens civils, ainsi que d'autres atteintes aux droits humains susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
Amnesty International appelle le Conseil de sécurité à suivre les recommandations de ce rapport, qui préconisait de mandater une commission indépendante chargée d'enquêter sur les violations présumées du droit international humanitaire et relatif aux droits humains dans le Kordofan méridional.
Cette enquête devra aussi se pencher sur les violences commises dans l'État du Nil bleu, où un conflit a éclaté le 1er septembre 2011, après la publication du rapport.
Dans ces deux États, les forces armées soudanaises bafouent le droit international humanitaire en procédant à des bombardements aériens à haute altitude à l'aide de munitions non guidées, sur des zones habitées par des civils. Les conséquences de ces bombardements sont dévastatrices pour la population civile.
Le 6 février, quatre bombes auraient été larguées sur un centre de soins à Kurchi, dans le Kordofan méridional, endommageant le centre et détruisant les quelques fournitures médicales dont il disposait encore. Ce centre se trouve près du marché de Kurchi, qui a été bombardé le 26 juin 2011, faisant 13 morts et plus de 20 blessés parmi la population civile. La plupart étaient des femmes et des enfants.
Le lendemain, trois bombes auraient été larguées sur Alabo, dans les monts Nouba, au Kordofan méridional, où des civils s'étaient réfugiés dans des grottes et en terrain difficile, cherchant à s'abriter après avoir fui de précédents bombardements aériens.
Amnesty International s'est rendue dans la région en août 2011 et a constaté que beaucoup de personnes déplacées avaient dû abandonner leurs champs à un moment essentiel pour les récoltes et vivaient grâce à des stocks de nourriture qui s'amenuisaient et à la cueillette de baies.
« Les civils continuent de vivre dans des conditions précaires. Ils manquent de nourriture, n'ont pas d'abri, n'ont pas accès à des soins, et vivent dans la peur constante d'être bombardés. Il est crucial que la population civile de ces deux secteurs puisse recevoir une aide humanitaire impartiale », a indiqué Renzo Pomi.
Les autorités soudanaises ont sérieusement restreint l'aide humanitaire à destination des États du Kordofan méridional et du Nil bleu, depuis le début des conflits en 2011. Plus de 300 000 personnes ont été déplacées en raison des combats, dont environ 130 000 réfugiés qui ont fui vers l'Éthiopie voisine et le Sud du Soudan en raison de l'intensification des attaques terrestres menées par les forces armées soudanaises et le SPLM-N.
En février, Amnesty International a publié un document qui montre comment les ventes d'armes – provenant principalement de Chine et de Russie – alimentent de graves violations des droits humains au Darfour et dans plusieurs autres régions du Soudan, dont le Kordofan méridional.
L'embargo sur les armes actuellement en vigueur, qui s'est avéré inefficace, couvre uniquement les transferts d'armes à destination du Darfour.
Alors que le Conseil de sécurité doit se réunir pour revoir le régime des sanctions imposées au Soudan et renouveler le mandat du Groupe d'experts sur le Soudan, Amnesty International demande que l'embargo sur les armes soit étendu à l'ensemble du territoire soudanais.
Le Conseil de sécurité de l'ONU brise des mois de silence sur les conflits qui ravagent les États soudanais du Kordofan méridional et du Nil bleu.
La violence dans le nord du Mali alimente une crise des droits humains
Les combats entre les militaires maliens et un groupe armé touareg dans le nord ont entraîné une crise des droits humains, a déclaré jeudi 16 février Amnesty International.
Des dizaines de personnes ont été tuées depuis l'éclatement des violences il y a un mois, et des milliers de personnes ont quitté le Mali pour se rendre dans les pays voisins, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.
« Il s'agit de la pire crise des droits humains qu'ait connue le nord Mali depuis vingt ans », a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur d'Amnesty International sur l'Afrique de l'Ouest.
« Cette partie du pays connaît depuis des années une absence d'état de droit et la région pourrait être plongée dans le chaos si les combats continuent. »
Les affrontements les plus graves ont éclaté le 18 janvier dans la ville d'Alguelhoc, à quelque 750 km au nord-est de Bamako, la capitale du pays.
Dans les jours qui ont suivi, des dizaines de soldats et des combattants ont été tués dans des affrontements qui ont opposé les forces armées maliennes et le Mouvement national de libération de l'Azawad, (MNLA), un groupe d'opposition armé touareg.
Quelques jours plus tard, des photographies présentant des cadavres de soldats maliens les mains liées derrière le dos ont circulé, ce qui a conduit les autorités à accuser le MNLA d'avoir commis des exécutions extrajudiciaires. Le groupe d'opposition armé a réfuté ces accusations en disant que les militaires étaient morts au combat et que ces photographies avaient été forgées de toutes pièces.
Les autorités maliennes ont annoncé qu'elles avaient envoyé une commission d'enquête sur les lieux afin de faire la lumière sur ces événements.
« Face à ces versions contradictoires quant à la manière dont ont été tués les soldats photographiés, il est urgent de mener une enquête indépendante et impartiale sur ces faits », a déclaré Gaëtan Mootoo.
« Le MNLA doit, par ailleurs, révéler les noms des personnes qu'il a capturées et accorder au Comité international de la Croix-Rouge un accès sans restriction à ces personnes. »
Amnesty International appelle également les autorités maliennes à inculper ou à libérer quatre personnes, y compris deux femmes, qui ont été arrêtées dans la ville de Kidal, dans le nord du pays pour avoir apparemment soutenu le MNLA. Ces quatre personnes ont été transférées tôt jeudi matin vers la ville de Gao. Les détenus auraient eu les yeux bandés et auraient été menottés durant ce transfert.
La publication des images des soldats tués a provoqué la colère de leurs proches qui ont manifesté publiquement leur protestation à Bamako les 1er et 2 février.
Durant ces manifestations, les forces de sécurité maliennes n'ont rien fait pour empêcher la foule en colère d'attaquer des maisons et des biens appartenant à des Touaregs et d'autres groupes ethniques, y compris des Arabes et des Mauritaniens qui vivaient dans la capitale.
Cette inaction des forces de sécurité a poussé des milliers de Touaregs et d'autres personnes ciblées en raison de leur « teint clair » à fuir Bamako. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.
« Toutes ces informations indiquent que les forces de sécurité maliennes n'ont pas voulu ou n'ont pas pu protéger les populations touareg durant les violentes manifestations de Bamako. Les autorités doivent prendre immédiatement des mesures afin d'assurer la protection de toute personne en danger », a conclu Gaëtan Mootoo.
Les combats dans le nord du Mali ont fait des dizaines de morts et poussé des milliers de personnes à aller se réfugier dans les pays voisins.
Le Mexique doit remédier à la discrimination dont sont victimes les migrants et les membres des communautés indigènes
Les autorités mexicaines doivent lutter contre la discrimination et mettre en œuvre des mesures afin de veiller à ce que les migrants et les populations indigènes puissent jouir de leurs droits fondamentaux, a déclaré Amnesty International mardi 14 février, alors que le Mexique s'apprête à présenter son bilan devant l'organe des Nations unies chargé de surveiller l'application de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale évaluera le bilan du Mexique sur la question de la discrimination raciale les 14 et 15 février.
« La discrimination est toujours très répandue et s'immisce partout dans la société mexicaine, a déclaré Rupert Knox, chercheur sur le Mexique à Amnesty International.
« Pour les migrants qui traversent le Mexique, la discrimination se traduit par le chantage, les mauvais traitements, l'enlèvement, le viol, le meurtre et le recrutement forcé dans les gangs criminels. Pour les membres des communautés indigènes, cela revient à vivre dans des conditions de pauvreté extrême et de marginalisation, avec un accès très restreint aux services élémentaires et à la justice, et en étant exposés aux agressions lorsqu'ils tentent de défendre leurs droits. »
Le 14 février, les autorités mexicaines soumettront un document qui présente en détail les mesures prises en vue de se conformer à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
Amnesty International a adressé au Comité un document de synthèse recensant les atteintes aux droits humains que subissent les migrants et les membres de communautés indigènes.
Les migrants et les membres de communautés indigènes au Mexique doivent pouvoir jouir pleinement de leurs droits humains.